<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>La maison de Régina</title>
	<atom:link href="https://www.lamaisonderegina.fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.lamaisonderegina.fr</link>
	<description>Magazine indépendant de cuisine et de voyage, ancré en Provence</description>
	<lastBuildDate>Wed, 17 Jun 2026 18:49:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.1</generator>

<image>
	<url>https://www.lamaisonderegina.fr/wp-content/uploads/2026/06/favicon-la-maison-de-regina-150x150.png</url>
	<title>La maison de Régina</title>
	<link>https://www.lamaisonderegina.fr</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Le livre d&#8217;or de ma Provence gourmande, ces adresses qui reviennent toujours</title>
		<link>https://www.lamaisonderegina.fr/livre-dor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Régina Rouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 18:49:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.lamaisonderegina.fr/livre-dor/</guid>

					<description><![CDATA[Le couteau a glissé sur la peau tendue, à ma table, et la tomate du marché de Saint-Rémy-de-Provence a gardé son eau comme un secret. Sur la planche, rien ne s’est échappé. J’ai alors revu la même fougasse encore tiède, la même huile d’olive fruitée, les mêmes tomates fermes au couteau, et j’ai compris que [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le couteau a glissé sur la peau tendue, à ma table, et la tomate du marché de Saint-Rémy-de-Provence a gardé son eau comme un secret. Sur la planche, rien ne s’est échappé. J’ai alors revu la même fougasse encore tiède, la même huile d’olive fruitée, les mêmes tomates fermes au couteau, et j’ai compris que je n’avais pas regardé assez près.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que je cherchais sans vraiment le savoir dans mes adresses provençales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu’autrice culinaire, rédactrice du magazine La maison de Régina et carnettiste de voyage, j’ai longtemps pris les étals pour des décors, puis j’ai appris à les lire comme des pages. Je suis mariée, j’ai deux enfants, et mes sorties gourmandes se comptaient avec prudence. Une addition un peu élevée me semblait déjà sérieuse, surtout quand je voulais ramener du pain, un fromage et quelque chose pour le dîner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes habitudes étaient simples, presque trop sages. Je passais au marché, je choisissais une adresse parce qu’elle était connue, puis je rentrais avec ce que j’avais trouvé avant 11 h 30. J’ai été convaincue plus d’une fois par une jolie vitrine, puis j’ai regretté un plat tiède, un fruit fatigué ou une tapenade trop salée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis partie avec l’idée confuse de retrouver le goût d’antan, sans savoir ce que je venais vraiment mesurer. Je pensais à la fraîcheur, à la saison, à ce petit quelque chose qui fait qu’une tomate tient sous la dent. Je ne savais pas encore que le vrai indice se cacherait dans le silence du jus, pas dans la beauté de l’assiette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec mes deux enfants, je me suis retrouvée à composer des repas rapides avec ce que les marchés me laissaient après la cohue. Les soirs où je rentrais tard, je me contentais d’un pain, de deux ou trois légumes, et d’un morceau de chèvre. J’étais sûre de moi, et pourtant je passais à côté de la différence entre un produit joli et un produit vivant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La coupe parfaite d’une tomate, ou comment j’ai vu le terroir autrement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai posé la tomate sur la planche et j’ai pris le petit couteau d’office, celui qui coupe net sans écraser. La peau a cédé avec une résistance fine, presque souple, puis la lame a ouvert une chair serrée. J’ai été frappée par ce moment minuscule, parce que l’eau n’a pas couru sur le bois, elle est restée dedans, immobile, comme retenue par la pulpe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La couleur était plus dense que dans mes tomates de grande surface, celles qui finissent molles avant même d’être servies. Là, l’odeur montait tout de suite, fraîche, verte, presque solaire, et la tranche gardait son bord propre. Je me suis sentie un peu bête d’avoir cru que tout cela se valait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai refait le geste avec 3 tomates venues de 3 adresses différentes. L’une tenait à merveille, l’autre rendait un peu de jus mais restait droite, et la dernière s’écrasait déjà sous le couteau. J’ai été convaincue ce jour-là qu’il ne s’agissait pas de chance, mais d’un vrai travail de récolte et de tenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, j’ai pensé à un hasard de panier. Puis j’ai repris mes notes, et je suis rentrée chez moi avec le même doute, mais aussi avec une idée plus claire. Ce qui faisait la différence, c’était le moment de cueillette, la maturité à point, et cette façon qu’a la chair de garder l’eau quand la tomate a été prise au bon jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai fini par observer la structure de la chair, sans faire la savante. Quand la tomate arrive trop tôt, les cellules restent fermées de travers, la pulpe manque de tenue, et le jus se libère au premier coup de lame. Quand elle est cueillie juste à point, la chair reste compacte, le couteau traverse sans bruit, et la tranche garde sa forme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu’autrice culinaire, rédactrice du magazine La maison de Régina et carnettiste de voyage, j’ai commencé à noter ces détails comme je note un clocher ou une place de village. Le parfum du pédoncule, la peau tendue, la coupe nette, tout parlait avant la première bouchée. C’est là que j’ai compris que le terroir, chez moi, passait aussi par le geste le plus banal.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les petites adresses qui ne déçoivent jamais, malgré mes erreurs et mes surprises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les matins de marché, j’aimais arriver tôt à Eygalières ou à Maillane, quand la croûte chaude du pain envoyait encore cette odeur de farine grillée. À 10 h 15, les habitués passaient déjà devant la même table, et je regardais leurs paniers avec un peu de honte. La régularité comptait plus que la façade, et j’ai vu une file de locaux devant une adresse modeste alors que rien, dehors, ne la rendait spectaculaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai aussi appris par mes erreurs, et je n’en ai pas manqué. Un samedi, je suis arrivée après 11 h, et les étals de fruits avaient perdu leur plus beau visage, tandis que les fromages demandés étaient déjà partis. Un autre week-end, je suis arrivée sans prévenir, et le plat du jour était terminé à midi passé, ce qui m’a laissée devant une carte réduite et un peu triste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chaleur m’a joué des tours plus d’une fois. J’ai laissé des courses dans la voiture, le temps d’un détour de 18 minutes, et le chèvre a transpiré avant même d’arriver à la maison. La pâte d’une tarte a ramolli, la confiture s’est assouplie, et je suis rentrée avec l’impression d’avoir gâché un bon passage au marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai aussi acheté trop de fruits saisonniers, par gourmandise, puis je me suis retrouvée avec des abricots qui perdaient leur parfum au fond du compotier. Les figues collaient moins aux doigts, le melon ne sentait plus son sucre au pédoncule, et la différence se voyait vite. Je me suis jurée, oui je sais, de ne plus remplir le panier par excès d’enthousiasme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plus belle surprise est venue d’une petite adresse sans terrasse, presque invisible, à la porte grise un peu passée. J’ai hésité à entrer, puis j’ai demandé un chèvre frais coupé à la demande. Le morceau est sorti net, avec un centre encore humide mais tenu, sans s’écraser sous la lame, et j’ai regardé ce geste avec un vrai respect.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que j’ai vu le travail discret qui change tout. Le fromage avait été emballé au dernier moment, le papier n’avait pas eu le temps de chauffer, et le sac isotherme que je gardais dans mon coffre a fait le reste sur les 3 km du retour. Je n’ai pas de recette magique pour cela, juste cette habitude prise à force de voir ce qui tient et ce qui lâche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai fini par comprendre que le dessous d’une fougasse raconte autant que son dessus. S’il est sec et cassant, la main le sent tout de suite. S’il est lourd et humide, le dîner perd déjà un peu de sa tenue avant même la première part.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que je sais maintenant et que j’ignorais avant de poser ce couteau sur la tomate</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mon travail d’autrice culinaire, de rédactrice du magazine La maison de Régina et de carnettiste de voyage m’a appris à revenir plusieurs fois au même endroit, sans me laisser tromper par la première impression. Je regarde maintenant la saison avant la promesse, et la coupe avant le discours. Une tomate bien née, un pain encore vivant, un fromage de chèvre qui garde sa tranche nette, tout cela me parle plus qu’une belle mise en scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je retourne volontiers tôt, par moments dès l’ouverture, parce que le choix est plus large et la fraîcheur plus franche. Je préfère repartir avec 2 ou 3 fromages, un pain, quelques fruits, une tapenade et un pot de miel, plutôt qu’avec un panier trop rempli. Dans ma cuisine, la qualité tient mieux que la quantité, et mon panier le montre aussitôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne cours plus derrière les adresses trop connues quand elles sont saturées de monde. J’ai vu trop de plats du jour épuisés, de tables pressées, et de produits posés trop longtemps sur une chaleur qui les fatigue. Je ne veux plus confondre un lieu qui brille avec un lieu qui travaille bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je cherche une alternative, je pense au panier bio, à l’AMAP, ou à une grande surface spécialisée. J’y ai trouvé de belles choses, mais pas le même rythme, ni la même souplesse pour mes trajets et mes repas du soir. À la maison, avec mes deux enfants, je reviens toujours à ce qui suit la saison et ne me laisse pas courir après des fruits déjà hors de leur pic.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je garde aussi une réserve simple. Pour une adresse mal tenue, avec une chaîne du froid incertaine ou une cuisson bancale, je passe mon tour et je cherche ailleurs, sans m’acharner. Ce petit réflexe m’a évité bien des déceptions, surtout quand je voulais rentrer vite et poser les sacs avant que tout ne mollisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jour-là, en découpant cette tomate, j’ai vu l’eau retenue dans la chair presque immobile, et quelque chose en moi a basculé. Depuis, je reviens au marché avec un regard plus lent, et je prends le temps de choisir ce qui tiendra jusque dans l’assiette. Pour quelqu’un qui accepte de partir tôt et de respecter la saison, cette bascule change vraiment la façon de remplir le panier, du marché de Saint-Rémy-de-Provence au Moulin du Calanquet.</p>


]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Alpilles se visitent d&#8217;abord avec une fourchette, pas un appareil photo</title>
		<link>https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-alpilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Régina Rouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 18:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-alpilles/</guid>

					<description><![CDATA[Aux Alpilles, la tomate tiède a collé à mes doigts pendant que le mistral secouait la serviette, juste avant le déjeuner aux Baux-de-Provence. Je suis partie appareil photo au cou, j&#039;étais sûre de moi, et pourtant la première bouchée m&#039;a coupé net. En tant qu&#039;autrice culinaire et carnettiste de voyage pour La maison de Régina, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Aux Alpilles, la tomate tiède a collé à mes doigts pendant que le mistral secouait la serviette, juste avant le déjeuner aux Baux-de-Provence. Je suis partie appareil photo au cou, j&#039;étais sûre de moi, et pourtant la première bouchée m&#039;a coupé net. En tant qu&#039;autrice culinaire et carnettiste de voyage pour La maison de Régina, j&#039;ai rangé le boîtier plus vite que d&#039;habitude. Je vais te raconter ce que j&#039;ai aimé, et ce qui m&#039;a laissée sur ma faim.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Je pensais que les alpilles se découvraient par l’image, jusqu’au déjeuner improvisé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis arrivée avec les clichés en tête, les façades blondes, les cyprès bien droits, les pierres qui prennent la lumière de biais. J&#039;avais déjà l&#039;œil sur les angles, les ombres, les ruelles. Je me voyais faire une série propre, presque trop sage. C&#039;était joli, oui, mais un peu abstrait. Je cherchais la carte postale avant la table, et je crois que j&#039;avais tort dès le départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À midi, la chaleur m&#039;a cueillie sans ménagement. Le mistral poussait la poussière dans les ruelles, et ma batterie photo chauffait dans le sac. Je me suis retrouvée à tourner dans un village presque vide, avec des cuisines qui fermaient à 13h30. Un samedi de juillet, sans avoir appelé, j&#039;ai déjà vu une terrasse me refuser une table. Pas par méchanceté, juste parce que tout était plein et que j&#039;étais arrivée trop tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déclic est arrivé quand le serveur m&#039;a lancé, presque en passant, que la cuisine fermait dans dix minutes. J&#039;ai lâché l&#039;idée d&#039;un grand déjeuner et je me suis assise à La Table du Pigeonnier, une petite auberge sans chichis. Le menu du jour affichait un prix doux, et je n&#039;en attendais pas grand-chose. Je me suis trompée. Le plat tenait debout avec trois choses simples, bien faites, et la salle sentait l&#039;huile d&#039;olive verte, l&#039;ail frotté sur pain chaud, les tomates mûres et les herbes sèches de garrigue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#039;est la première bouchée d&#039;une tomate gorgée de soleil qui a vraiment capturé mon attention, pas le cadrage parfait de la lumière sur les Alpilles. À ce moment-là, je me suis sentie moins visiteuse et plus convive. Le village continuait d&#039;être beau, mais il passait derrière l&#039;assiette. J&#039;ai compris que je n&#039;avais pas besoin d&#039;une image parfaite pour garder le souvenir le plus vif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qui fait la différence dans l’expérience gourmande aux alpilles, entre clichés et sensations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une assiette du midi ici parle vite. Elle arrive avec des légumes confits, une huile d&#039;olive bien verte, un chèvre frais, par moments une fougasse tiède qui garde une croûte croustillante et un cœur souple. La serviette s&#039;envole dès que le mistral se lève au moment du dessert, et ça fait sourire tout le monde autour de la table. Je trouve ce petit désordre beaucoup plus juste qu&#039;une terrasse figée. Il y a du soleil, du vent, du sel sur les lèvres, et le repas prend sa place dans le décor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m&#039;a frappée, c&#039;est la netteté des cuissons quand elles sont réussies. Les légumes confits gardent leur tenue, puis viennent une sauce courte, brillante, sans lourdeur, ou une daube qui ne bavarde pas. La sauce courte de cette daube, presque brillante, m’a raconté plus d’histoires que toutes les photos que j’avais prises jusque-là. J&#039;ai vu la même logique à plusieurs tables, avec peu d&#039;ingrédients et beaucoup de précision. Mon travail d&#039;autrice culinaire et carnettiste de voyage, pour La maison de Régina, m&#039;a appris à repérer ce genre de détail dès la première cuillerée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où je me méfie, c&#039;est des adresses trop vues. L&#039;addition grimpe vite avec un verre de rosé local, et l&#039;assiette reste propre sans laisser grand-chose en bouche. J&#039;ai aussi buté sur des cuisines fermées quand je pensais encore avoir le temps. Après 13h30, le choix se réduit, et le plan de secours ressemble par moments à une planche froide ou à un café. Pas terrible. Vraiment pas terrible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le meilleur repas de mon séjour n&#039;était pas celui que j&#039;avais entouré sur mon carnet. C&#039;était un déjeuner pris après une marche de 3 kilomètres, dans un village moins couru, avec une fougasse encore tiède et une tapenade achetée au marché pour quelques euros. J&#039;ai goûté la peau ridée des olives cassées, ce petit sel qui reste longtemps en bouche. Je suis rentrée avec cette idée très nette : aux Alpilles, la vraie gourmandise se cache là où la foule regarde moins.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jour où j’ai compris que la table est plus fidèle que l’objectif aux alpilles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai été frappée par ma propre fatigue un autre midi, quand une séance photo a tourné court à cause du mistral et de la chaleur. J&#039;avais faim, je n&#039;avais pas vérifié l&#039;heure d&#039;ouverture, et je me suis retrouvée avec un repas bâclé, avalé trop vite. Le décor était beau, mais je n&#039;avais plus la patience de m&#039;y attarder. J&#039;ai alors compris que le voyage me laissait moins de traces quand je forçais le rythme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après ça, j&#039;ai inversé mes journées. Marché le matin, petite table à midi, balade après, puis carnet ouvert à l&#039;ombre quand la lumière retombait. Le changement a été net. Le déjeuner a cessé d&#039;être un contretemps, et il est devenu le cœur de la sortie. J&#039;ai même noté que nos repas duraient presque 2 heures quand je laissais le temps au pain, au fromage et au verre de rosé de suivre leur place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec mes deux enfants, je vois tout de suite la différence quand la table de midi est calme. Quand l&#039;un a faim et que l&#039;autre trépigne, le repas devient bruyant en trois minutes. Une cuisine simple, servie sans précipitation, change tout. Je me suis aussi mise à prévoir davantage, même pour un déjeuner banal, parce qu&#039;attendre debout avec deux enfants, ce n&#039;est le plaisir de personne. Sur ce point, je reste dans le concret de la table.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai aussi accepté une limite toute simple : je ne suis pas là pour faire du spectaculaire à tout prix. Je suis autrice culinaire et carnettiste de voyage, pas chasseuse de vues. Mon terrain, c&#039;est ce que je mange, ce que je vois, ce que je note, et ce que je garde dans la bouche après le départ. Quand je me suis laissée guider par cette règle, les Alpilles sont devenues plus lisibles. Je suis devenue plus attentive, moins pressée, et beaucoup plus juste dans mes choix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour qui cette halte fonctionne, et pour qui elle ne fonctionne pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">POUR QUI OUI, je pense d&#039;abord au couple sans enfant qui marche 5 à 8 kilomètres dans la matinée, accepte un déjeuner à quelques euros, puis prend le temps de s&#039;asseoir 2 heures. Je pense aussi à la famille avec enfants de 9 à 14 ans, en voiture, qui veut une halte simple, du pain chaud, une fougasse encore souple, et un menu du midi clair. Je pense enfin au curieux du terroir qui préfère une petite table de village à une terrasse trop vue, même si l&#039;addition monte à quelques euros avec un verre local. Ces profils-là trouvent leur compte vite, sans avoir besoin de mise en scène.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>oui &#8211; couple marcheur, budget raisonnable, déjeuner tranquille</li>
<li>oui &#8211; famille avec enfants de 9 à 14 ans, table simple, pause de 2 heures</li>
<li>oui &#8211; amateur de terroir, quelques euros avec vin local, petite adresse de village</li>
<li>non &#8211; voyageur pressé, halte de 40 minutes, photo avant repas</li>
<li>non &#8211; amateur d&#039;images parfaites, terrasse très vue, assiette trop sage</li>
<li>non &#8211; visiteur qui arrive après 13h30 et n&#039;accepte pas une carte réduite</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">POUR QUI NON, le photographe pressé qui veut tout faire en une matinée risque surtout de traverser les villages sans vraiment s&#039;arrêter. Il passe alors à côté de la cuisine, puis s&#039;agace devant une terrasse pleine. Même chose pour celui qui cherche l&#039;addition la plus basse dans l&#039;adresse la plus visible du coin. Le pas de charge, en plein soleil, sans regarder l&#039;heure à laquelle la cuisine ferme, finit plusieurs fois en café pris trop vite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon verdict : aux Alpilles, je choisis la table avant l&#039;appareil photo. Les meilleurs souvenirs viennent d&#039;un déjeuner simple, par moments improvisé après une balade, dans une petite table moins touristique. Si l&#039;on accepte de déjeuner tôt, de marcher un peu et de laisser les lieux les plus vus de côté, le plaisir monte d&#039;un cran. Si l&#039;on cherche d&#039;abord une image parfaite ou si l&#039;on arrive sans marge après 13h30, ce n&#039;est pas le bon rythme. Moi, je reviens pour la table du midi, pas pour la pose devant la pierre blonde de Saint-Rémy-de-Provence ou des Baux-de-Provence.</p>


]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans le Vaucluse, mes marchés du matin et les producteurs que je retrouve</title>
		<link>https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-vaucluse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Régina Rouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 18:48:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-vaucluse/</guid>

					<description><![CDATA[À 48 ans, mariée et mère de deux enfants, je suis partie depuis Saint-Rémy-de-Provence pour Carpentras à 7h45, avec quelques euros dans mon sac et l’idée de revenir à 11 heures. Au marché du matin dans le Vaucluse, l’air frais me piquait les avant-bras, et le basilic humide montait déjà entre les cagettes de fraises. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">À 48 ans, mariée et mère de deux enfants, je suis partie depuis Saint-Rémy-de-Provence pour Carpentras à 7h45, avec quelques euros dans mon sac et l’idée de revenir à 11 heures. Au marché du matin dans le Vaucluse, l’air frais me piquait les avant-bras, et le basilic humide montait déjà entre les cagettes de fraises. Le maraîcher m’a montré ses premières tomates, puis la fromagère m’a lancé, sans se presser, que son chèvre tenait encore bien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que ça fait d’arriver à l’ouverture, quand tout est encore frais et plein</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À 7h45, le marché respirait encore lentement. Les producteurs posaient les derniers cartons, et le bruit sec des cagettes me servait déjà de repère. J’ai secoué deux fois une caisse d’abricots, juste pour entendre s’ils sonnaient creux ou fermes. Les blettes avaient encore des gouttes dans les côtes blanches, et le basilic, resté à l’ombre, gardait une odeur presque écrasante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec mes deux enfants à préparer plus tard, je n’avais pas la tête à flâner. Je me suis tenue à un petit budget, et je me suis forcée à faire un premier tour sans sortir le porte-monnaie. Cette contrainte m’a empêchée d’acheter au joli coup d’œil. J’ai regardé les prix, les paniers déjà prêts, et le temps qu’il me restait avant de repartir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai été frappée par la façon dont certains stands cachent presque leurs meilleures pièces. Au fond, derrière la façade bien rangée, il y avait des cagettes gardées pour les restaurateurs ou pour les habitués. J’ai appris à lire les feuilles perlées, la petite cicatrice du pédoncule sur les tomates, et la tenue des fanes de radis. Quand elles commençaient à s’affaisser, je savais que la matinée avait déjà avancé plus vite que moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis trompée sur les pêches. Leur couleur m’a séduite, mais je n’ai pas assez pressé la peau du bout des doigts. Le lendemain, elles marquaient déjà sous la pulpe, et la chair était plus farineuse que je ne l’aurais voulu. J’ai compris ce jour-là que le parfum ne suffit pas, même quand il est superbe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Revenir à 11 heures et voir le même marché d’un autre œil, entre déception et leçons</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À 11 heures, je suis rentrée sur la même place avec une autre sensation dans les épaules. Le marché avait perdu de son relief, et les cagettes de fraises semblaient moins pleines. Le basilic s’était couché sur lui-même, les salades avaient pris un air mou, et le soleil tapait déjà assez fort pour changer l’odeur de l’air. Tout paraissait plus sec, plus vif aussi, comme si la matinée avait déjà fait son tri.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fromage de chèvre m’a donné le signal le plus net. Sa croûte brillait davantage, et la pâte s’était relâchée sous la lame quand la fromagère en a coupé une part. Les radis, eux, n’avaient plus la même tenue dans la main, et les abricots avaient perdu ce petit rebond sous le doigt. J’ai vu la fragilité du marché en temps réel, sans même quitter les allées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis retrouvée devant des tomates que j’avais repérées à l’aller. Au second passage, le dessus de la cagette restait beau, mais dessous les fruits étaient déjà trop mûrs pour tenir plusieurs jours. J’ai failli repartir avec un lot qui aurait fendu le lendemain, et j’ai reposé le panier juste à temps. Ce moment m’a appris à ne plus croire le premier rang d’une caisse sans regarder le cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis un producteur m’a tendu un melon encore tiède, en me faisant goûter une tranche fine. J’ai été convaincue par cette simple bouchée, et par sa façon de me dire que certaines pièces sont gardées à part pour ceux qui reviennent plus tard. Je me suis sentie un peu bête de n’avoir pas compris plus tôt que le marché se lit aussi à l’arrière du stand. Ce jour-là, j’ai changé mon regard, pas seulement sur le melon, mais sur toute la matinée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que j’ai appris sur le marché et ses producteurs après ces deux visites, et ce que je ne savais pas au départ</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu’autrice culinaire et carnettiste de voyage, et rédactrice du magazine La maison de Régina, j’ai fini par comprendre que le marché n’est pas qu’un endroit où l’on remplit un sac. C’est un lieu où l’on parle, où l’on compare la récolte, et où l’on repère les habitudes de chaque stand. Depuis mes années de terrain, je sais que le bon panier se construit en regardant autant les visages que les caisses. Le producteur qui garde les premières tomates, la fromagère qui annonce le lait du jour, tout cela compte autant que le prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donc changé ma façon d’avancer. Je viens plus tôt, je fais un premier tour sans acheter, puis je reviens aux stands qui m’ont tenue la route. Je sépare les fruits fragiles, le fromage et les légumes lourds, parce que les fanes de radis s’écrasent vite et qu’un chèvre chaud perd sa tenue. J’ai aussi pris l’habitude de garder les herbes pour la fin, quand je sais que je rentre directement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne referais pas cette double visite tous les jours. Avec mes deux enfants et mes horaires, cela me demanderait une matinée trop longue, et je n’ai pas toujours le luxe de traîner sous la chaleur. Je garde cette manière de faire pour les jours où je peux me permettre de marcher lentement et de choisir avec patience. Le marché me plaît mieux comme ça, mais je sais aussi que ce rythme-là demande du temps et un peu d’espace mental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que je retiens de cette double matinée au marché et ce que ça a changé chez moi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis devenue plus attentive à la saison qu’à la beauté du premier regard. Quand je croise le maraîcher de Carpentras une semaine plus tard, je regarde ce qui a pris la place des fraises, et je sens presque l’année avancer dans les cagettes. J’aime ce rendez-vous là, parce qu’il me donne des achats moins impulsifs et plus justes. Je repars avec moins de choses, mais je les choisis mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je referais sans hésiter l’arrivée tôt, le premier tour silencieux et la discussion avec les producteurs. Je ne referais pas l’achat à la va-vite, ni le sac où tout se mélange, ni le retour où les fruits s’écrasent les uns contre les autres. J’ai aussi compris que le coffre trop plein, puis le détour par un autre stand, cassent les abricots du dessous. Cette petite négligence m’a coûté assez de fruits pour que je m’en souvienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je conseillerais cette double matinée à quelqu’une qui accepte de se lever tôt, de marcher deux fois les mêmes allées et de goûter avant d’acheter. Je la garderais aussi pour celles qui aiment comprendre d’où viennent leurs tomates, leurs pêches et leur fromage. Mon travail d’autrice culinaire et carnettiste de voyage m’a appris que ces rencontres changent la main qui choisit. Elles changent aussi la façon de rentrer chez soi, avec un sac plus léger et la tête plus attentive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le détail qui m’est resté, c’est le bruit sec d’une cagette d’abricots quand je la secoue doucement. Depuis, ce petit son m’est devenu indispensable, presque comme un mot de passe. À Carpentras, je n’écoute plus seulement ce que je vois. J’écoute aussi ce que la caisse me répond, et c’est sans doute ce que cette matinée m’a laissé juste.</p>


]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une semaine en Provence sans voiture, mes étapes gourmandes en train et à vélo</title>
		<link>https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Régina Rouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 18:48:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-provence/</guid>

					<description><![CDATA[À 8 h, sur le quai d&#039;Avignon-Centre, le cliquetis de mes sacoches a couvert l&#039;annonce du train. Je suis partie avec mon vélo et cette idée un peu folle de faire une boucle entre deux gares, et j&#039;ai été convaincue dès les premiers mètres que la semaine serait vive. Le vent était déjà là, sec [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">À 8 h, sur le quai d&#039;Avignon-Centre, le cliquetis de mes sacoches a couvert l&#039;annonce du train. Je suis partie avec mon vélo et cette idée un peu folle de faire une boucle entre deux gares, et j&#039;ai été convaincue dès les premiers mètres que la semaine serait vive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vent était déjà là, sec dans l&#039;air, et l&#039;odeur de goudron tiède montait de la sortie de gare. Quand j&#039;ai vu Gordes se dessiner plus loin, puis les reliefs vers Roussillon, j&#039;ai su que je n&#039;avais pas choisi une semaine molle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Je ne suis pas une sportive, juste une amoureuse de la Provence qui voulait tenter le pari sans voiture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la maison, avec mes deux enfants, j&#039;ai vite compris que je ne partais pas pour une épreuve de force. Je suis mariée, je roule à mon rythme, et je garde toujours une marge pour le train du soir. J&#039;avais aussi fixé une limite simple pour les achats gourmands du milieu de semaine, pas plus, parce que je voulais rester légère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis mes années comme autrice culinaire et carnettiste de voyage, je sais que le marché du matin change tout. J&#039;avais envie de couper la voiture, de suivre le combo TER + vélo, et de m&#039;arrêter là où les producteurs ouvrent leurs volets. J&#039;étais sûre de moi au départ, presque trop, parce que l&#039;idée de traverser la Provence sans tourner pour se garer me plaisait depuis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je m&#039;étais imaginée des étapes tranquilles, avec le VAE comme petit soutien et un mistral plus sage que dans les récits entendus au café. J&#039;avais noté les horaires du TER, glané deux conseils d&#039;amis, puis griffonné des villages sur un carnet taché d&#039;huile d&#039;olive. Mon travail d&#039;autrice culinaire et carnettiste de voyage m&#039;a appris à regarder d&#039;abord les heures d&#039;ouverture, puis la distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voulais surtout respirer autrement. Rouler quinze à vingt-cinq kilomètres, m&#039;arrêter pour une fougasse, un fromage, une poignée d&#039;abricots, puis repartir sans me presser, cela me semblait juste. Je pensais aussi que les montées seraient plus douces avec l&#039;assistance électrique, et que le vent ferait un bruit de fond, pas un adversaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La réalité a frappé fort dès le premier jour, entre mistral violent et sacoches trop lourdes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La gare d&#039;Avignon était encore fraîche quand j&#039;ai posé le pied dehors. Les pneus ont claqué sur le gravier de la voie verte, puis les sacoches ont fait un petit bruit sec quand j&#039;ai franchi une calade. L&#039;odeur de thym chauffé, de pin et de goudron m&#039;a sauté au nez dès la sortie de ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première montée vers Gordes m&#039;a vite ramenée au réel. Malgré l&#039;assistance, mes jambes brûlaient, et le vent me déportait dans les passages ouverts. J&#039;avais les épaules tendues, la bouche sèche, et la gourde devenait chaude au bout de 20 minutes, ce qui m&#039;a agacée plus que je ne l&#039;aurais cru.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon erreur a été grossière. J&#039;ai acheté trop de choses au premier marché, avec une fougasse, deux fromages de chèvre, des abricots et des tomates encore tièdes dans les mains. À 12 h 15, j&#039;avais déjà laissé filer quelques billets, et les sacoches tiraient si fort que le vélo flottait dans les pavés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai fini par m&#039;arrêter sous une halle, un peu vexée par ma propre gourmandise. Le contraste entre la fraîcheur de l&#039;ombre et la fournaise dehors m&#039;a presque coupé les jambes. Puis j&#039;ai trouvé une fontaine cachée dans une ruelle, et un bistrot, Le Bistrot de la Fontaine, m&#039;a servi une tapenade maison qui m&#039;a rendue plus calme d&#039;un coup.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jour où j&#039;ai cru que j&#039;allais abandonner, prise au piège du mistral entre deux villages perchés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre Gordes et Roussillon, sur un faux plat qui n&#039;en finissait pas, le mistral m&#039;a frappée de face. Le vélo dansait, la roue avant partait de biais, et j&#039;ai hésité à faire demi-tour. Quand j&#039;ai vu le panneau centre-ville à 800 m, puis la rue sans ombre qui montait derrière, je me suis retrouvée au bord du découragement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vent ne pousse pas seulement. Il prend le cadre de côté, secoue la direction, et oblige à serrer le guidon plus fort que d&#039;habitude. Mon cœur battait vite, mes épaules se raidirent, et chaque coup de pédale réclamait un effort que je sentais jusque dans le cou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pire, c&#039;était la fatigue qui s&#039;additionnait. L&#039;air pesait, la sueur ne séchait plus, et je me suis retrouvée à compter les mètres comme si je faisais la course avec le vent. J&#039;ai alors pensé à la pause gourmande prévue plus tard, et le doute a pris toute la place, franchement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai changé d&#039;itinéraire sur place. J&#039;ai coupé par une voie plus protégée, j&#039;ai vidé une bouteille dans l&#039;autre sac, et j&#039;ai laissé un fromage au fond du marché pour le lendemain. Le soir, je suis rentrée plus tôt à l&#039;hébergement, et je me suis dit que partir avant que le vent se tende valait mieux que forcer bêtement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que j&#039;aurais aimé savoir avant, et que j&#039;ai compris en fin de semaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mon travail d&#039;autrice culinaire et carnettiste de voyage m&#039;a appris une chose simple, le rythme compte plus que la bravade. Les matins où je suis partie avant 9 h, j&#039;ai trouvé les portes ouvertes, la boulangerie encore chaude, et des commerçants qui avaient le temps d&#039;échanger deux phrases. Dès que je traînais, la ville se refermait derrière les volets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai aussi compris que les sacoches pleines ruinent vite le plaisir. Quand j&#039;achetais au fur et à mesure, avec un seul fromage, un pain, deux pêches, le vélo gardait sa ligne et les fruits restaient entiers. Quand je repartais chargée comme pour trois jours, les pavés me le faisaient sentir dans les mains et dans le bassin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai fini par regarder le vent avant de regarder la carte. Une petite route jolie sur le papier peut devenir une vraie punition si elle reste ouverte de partout, alors qu&#039;un détour de 3 km sous des cyprès change tout. Quand la poussière fine collait à mes mollets sur les routes de campagne, je ralentissais sans me raconter d&#039;histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la mécanique du VAE, je n&#039;ai pas joué les bricoleuses. Quand un bruit m&#039;a inquiétée, j&#039;ai demandé au loueur plutôt que de toucher au réglage moi-même. Je ne sais pas si cette prudence vaut pour tout le monde, mais pour moi elle a évité une mauvaise surprise en fin de journée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que je retiens de cette semaine, entre plaisir et limites bien réelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis rentrée à Saint-Rémy-de-Provence avec les jambes un peu dures, mais le carnet plein d&#039;odeurs et de noms de villages. J&#039;ai aimé le bruit sec des pneus sur le gravier, les haltes à l&#039;ombre, et ce sentiment rare de traverser un paysage sans le subir. J&#039;ai moins aimé les moments où la chaleur après 11 h rendait une côte courte interminable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je referais sans hésiter les étapes de 15 à 25 km, parce qu&#039;elles m&#039;ont laissée assez d&#039;énergie pour manger et regarder. En revanche, je ne recommencerais pas avec des sacoches trop lourdes dès le premier marché, ni sans vérifier la place vélo du TER. Une fois, j&#039;ai dû attendre la rame suivante, et 26 minutes de quai plein de guidons m&#039;ont suffi pour comprendre la leçon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour quelqu&#039;un qui accepte de partir tôt, de rouler léger et de composer avec le vent, cette semaine garde une vraie saveur. Pour quelqu&#039;un qui veut dormir tard et remplir les sacoches sans compter, le rythme paraît trop raide. Moi, j&#039;y ai trouvé un mélange que j&#039;aime, entre effort mesuré et plaisir du marché, même quand le mistral faisait sa mauvaise tête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En repensant à Gordes, à Roussillon et au quai d&#039;Avignon-Centre, je garde surtout une impression nette. Je me suis sentie vulnérable par moments, puis très contente d&#039;avoir tenu jusqu&#039;au bout. Cette semaine ne m&#039;a pas rendue héroïque, elle m&#039;a rendue plus attentive à l&#039;heure, au vent, et à la première tomate qui tient encore dans la main.</p>


]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mon week-end gourmand dans le Luberon, entre marchés et tables de village</title>
		<link>https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-luberon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Régina Rouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 18:48:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.lamaisonderegina.fr/location-vacances-luberon/</guid>

					<description><![CDATA[Sur le marché d&#039;Apt, à 11 h 30, l&#039;odeur des tomates chaudes de soleil m&#039;a sautée au nez. Je suis partie de Saint-Rémy-de-Provence avec l&#039;idée de rentrer bredouille, parce que j&#039;arrive trop tard quand je traîne. Un producteur a retourné sa caisse et m&#039;a proposé un panier d&#039;abricots presque mûrs à moitié prix, pour presque [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Sur le marché d&#039;Apt, à 11 h 30, l&#039;odeur des tomates chaudes de soleil m&#039;a sautée au nez. Je suis partie de Saint-Rémy-de-Provence avec l&#039;idée de rentrer bredouille, parce que j&#039;arrive trop tard quand je traîne. Un producteur a retourné sa caisse et m&#039;a proposé un panier d&#039;abricots presque mûrs à moitié prix, pour presque rien. Quand je les ai pris, la peau collait un peu à mes doigts et le parfum restait sur mes paumes. En tant qu&#039;autrice culinaire et carnettiste de voyage pour La maison de Régina, j&#039;ai compris que je n&#039;allais pas repartir les mains vides.</p>



<h2 class="wp-block-heading">J&#039;étais convaincue que j&#039;avais raté le marché, mais c&#039;est là que tout a commencé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;étais convaincue que j&#039;avais raté le marché. Je suis mariée, j&#039;ai deux enfants, et ce samedi-là je comptais chaque pièce. D&#039;ordinaire, je pars avant 9 heures, quand les cagettes sont encore pleines et que je peux choisir sans me presser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voulais des produits frais, une balade tranquille, puis un déjeuner simple. Rien de brillant, juste un panier modeste et une assiette honnête. J&#039;avais en tête les places claires, les voix qui montent, et les abricots choisis du bout des doigts, sans hâte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai été convaincue que venir après 11 h 30 était une erreur. Les plus belles pêches étaient déjà parties, et plusieurs fromages avaient changé de mains avant que j&#039;arrive. Je me suis trompée d&#039;heure, pas de village. Le Luberon m&#039;a rappelé sa cadence, courte et vive, avec ses remballages qui commencent avant midi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pensais trouver un marché figé, presque décoratif. J&#039;ai été frappée par le contraire. Les producteurs parlaient plus librement quand les clients se faisaient rares. Ils retournaient une tomate entre deux doigts, puis la reposaient avec un geste sec. J&#039;ai fini par regarder les fins de caisse autant que les beaux étals.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La surprise du panier bradé m&#039;a fait voir le marché autrement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le producteur a soulevé sa caisse au soleil, et les abricots ont pris une couleur presque rouge sous la lumière. J&#039;ai tourné deux tomates entre mes doigts dans la caisse voisine, juste pour sentir cette feuille froissée qui monte au nez. Les fruits étaient tièdes, la peau des abricots collait un peu, et l&#039;odeur sucrée m&#039;a rendue un peu distraite. J&#039;étais restée là plus longtemps que prévu, sans regarder l&#039;heure, parce que le geste me plaisait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le panier, il y avait 6 abricots, un petit fromage de chèvre, un bocal d&#039;olives et une bouteille de 25 cl d&#039;huile d&#039;olive. Le chèvre avait une croûte sèche, mais le centre restait souple, avec une pointe de sel. Il m&#039;a demandé une petite somme, et j&#039;ai sorti des billets parce que je n&#039;avais pas pensé au terminal qui ne passait pas. Je me suis retrouvée à sourire toute seule, avec ce panier qui paraissait modeste et qui sentait déjà le déjeuner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai hésité, parce que le fromage brillait déjà un peu au soleil. J&#039;ai eu peur du gâchis, peur qu&#039;il se tienne mal dans le sac, peur aussi de revenir avec des fruits trop avancés. Puis j&#039;en ai goûté un sur le bord de la place. La chair était plus dense que prévu, très juteuse, avec une pointe d&#039;acidité qui réveillait tout. J&#039;ai été frappée par un goût plus net que celui des fruits achetés au matin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai tournant est venu quand le marchand a commencé à remballer à 11 h 50. Là, j&#039;ai compris que le marché vit sur une vraie cadence. Ce n&#039;est pas un décor qui attend le promeneur. C&#039;est une petite mécanique. Ceux qui discutent encore au bon moment repartent avec les meilleurs restes. Ceux qui arrivent trop tard, comme moi, apprennent à regarder autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu&#039;autrice culinaire et carnettiste de voyage pour La maison de Régina, j&#039;ai gardé en tête ce mélange de fin de matinée, de prix cassé et de fruits encore bons. Le panier presque donné, m&#039;a paru plus juste que bien des achats parfaits, parce qu&#039;il racontait la fin de journée sans tricher. J&#039;ai fini par me dire qu&#039;un marché se comprend aussi quand il se vide.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le déjeuner en village a confirmé que le marché n&#039;est pas qu&#039;une affaire de matin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À midi, je me suis retrouvée au Café du Cours, sur une terrasse déjà pleine. La lumière était douce, puis un vent s&#039;est levé d&#039;un coup. Les verres ont tinté, les conversations ont monté, et j&#039;ai senti l&#039;odeur du pain chaud mêlée aux assiettes qui passaient. Ce mouvement m&#039;a tout de suite plu, même si la place libre semblait se faire désirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai demandé ce qu&#039;il restait vraiment. La serveuse a pointé la viande rôtie et les légumes grillés. Le plat du jour est arrivé dans une assiette chaude, avec un jus qui faisait une petite flaque autour de la viande. Les légumes avaient la peau fripée et la chair fondante, pas réduite en purée. J&#039;ai trouvé ça rassurant, presque immédiatement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, j&#039;ai galéré un peu. Je n&#039;avais pas fait garder de table, et j&#039;ai attendu 12 minutes avant qu&#039;on me place. Le service s&#039;est ensuite emballé, et la garniture a perdu sa tenue pendant que d&#039;autres assiettes sortaient plus vite. Le pain a craqué au premier morceau, puis il a ramolli vite près de la sauce. Le mistral a refroidi l&#039;assiette en quelques minutes, et je me suis sentie un peu bête de ne pas avoir demandé plus tôt ce qui restait vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce moment-là m&#039;a rappelé que les petites tables de village ont leurs limites quand la salle se remplit d&#039;un coup. À 12 h 15, j&#039;ai vu des habitués entrer sans hésiter, comme s&#039;ils connaissaient déjà le tempo. Moi, j&#039;ai compris que l&#039;heure du marché commande aussi l&#039;heure du déjeuner. Et quand ça déborde, la cuisine le montre tout de suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#039;ai commandé sans vérifier assez ce qui sortait vraiment de l&#039;ardoise, et je m&#039;en suis voulue. Le plat était bon, mais moins net que je l&#039;espérais au moment du coup de feu. J&#039;ai trouvé le contraste parlant. Le marché m&#039;avait donné le goût juste, et la terrasse m&#039;a rappelé que le service a ses poussées, ses creux, ses ratés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Avec le recul, ce que je sais maintenant et ce que je referais ou pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le recul, j&#039;ai appris à regarder l&#039;heure écrite à la craie et à poser deux questions simples. Après 11 h 30, je sais que les plus beaux melons sont déjà partis, mais que les fins de caisse gardent par moments de belles surprises. J&#039;ai aussi compris qu&#039;un producteur parle autrement quand il sait qu&#039;il ne remontera pas tout. Son panier raconte alors autre chose qu&#039;un étal parfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je referais sans hésiter ce détour par la fin du marché. Je garderais quelques billets en poche, je prendrais un sac solide, et je ferais mes achats avant de m&#039;installer pour déjeuner. J&#039;appellerais aussi plus tôt pour faire garder une table, parce que j&#039;ai assez vu ce que donne une salle qui se remplit d&#039;un coup.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne reviendrais pas avec un sac trop léger ni avec l&#039;idée de tout porter à bout de bras pendant 2 km. J&#039;ai sous-estimé la chaleur, et le chèvre a commencé à suinter avant même le retour. Avec mes deux enfants à la maison, je mesure vite ce que vaut un sac qui ferme bien. Et quand un fruit ou un fromage me laisse un doute pour un jeune enfant, je demande au pédiatre avant de jouer la téméraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis rentrée à Saint-Rémy-de-Provence avec les bras lourds, mais avec une vraie tendresse pour cette journée. Ce week-end parle à celles et ceux qui acceptent le rythme du village, le vent sur la terrasse et le marché qui se vide. Depuis mes années à écrire pour La maison de Régina comme autrice culinaire et carnettiste de voyage, je suis devenue plus attentive à cette cadence. Le Café du Cours et le marché d&#039;Apt m&#039;ont laissée avec l&#039;envie nette d&#039;y retourner autrement, plus tôt, et avec un peu plus de monnaie.</p>


]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
